Carnets janv-fev 2016

Carnets janv-fev 2016

15 janvier. Difficulté à tenir ce blog. Car trop peaufiné. Trop d’étapes pour prendre le temps de décrire et d’écrire. Une multitude d’associations d’idées. Une multitude de liens qui se réveillent. Les étapes : convaincre, fixer les rendez-vous, enregistrer, écouter, nommer, classer, monter des extraits, les mettre en ligne (peut-être), trouver ou faire une photo, commencer à articuler l’ensemble (à ce stade: juste y réfléchir et prendre des notes), trouver et commander des livres, des articles, lire, trouver et convaincre une nouvelle personne et recommencer, lire pour comprendre, lire pour déterminer quels textes insérer dans la trame. Idée de Mag : tenir des pages plus brouillon en parallèle des articles pour jeter ce flot sur le papier. Donc les carnets.

20 janvier. Téléphoner à Frédéric Dussenne. Je n’ai toujours pas osé. Dans la multitude de pièces jouées au NTB, j’ai repéré d’autres metteurs en scène que Ronse. Parmi ceux que je connais: Julien Roy, Daniel Scahaise, Frédéric Dussenne, Guy Pion. Ce qui m’intéresse avec Dussenne c’est que, rue du Viaduc, c’est encore le début de sa carrière. Si j’en crois asp@sia, Le Portrait de Dorian Gray au NTB c’est sa 5ème mise en scène. Il en fait en tout quatre chez Ronse, donc ce n’est pas un coup d’essai. Il y a eu un rapport de confiance. C’est l’époque des Ateliers de l’Échange. Cassandre Graffiti, première pièce de Véronika MabardiMontée pour la première fois au NTB (1991). Ça fait beaucoup de première fois. C’est assez prometteur de voir qu’un théâtre laisse une place aux premières fois, aux débuts. Dussenne avait un autre point commun avec Ronse: Willems.  Et puis Fred Dussenne va tout voir au théâtre, il paraît. Donc, qu’a-t-il vu rue du Viaduc? Je suis d’autant plus intimidée que j’ai en tête la lecture du mois dernier (Ma vieille mélancolie, Eric Durnez).

05 février. Grâce à A-M Loop j’ai le mail de Colette Emmanuelle, enfin de son mari. Voilà sa réponse à mon premier message.

« Bonjour,
Effectivement le 122 rue du viaduc est la maison natale de mon épouse  Colette Holemans dite Colette Emmanuelle.
C’est moi à l’époque où j’étais l’administrateur du festival d’Anjou dirigé par Ronse qui lui ai révélé l’existence de ce lieu !
Si vous souhaitez nous rencontrer il faudra venir à Sant-Idesbald où nous habitons !
Cordialement
Jean Lefébure« 

15 février. Véronika Mabardi au Rideau, lundi. Une longue table. Les noms des personnages sur des papiers blancs. C’est le principe des lundis en coulisse. Ceux qui veulent choisissent un personnage, viennent s’assoir derrière la longue table et lisent. N’importe qui peut venir et lire. Aujourd’hui c’est Véronika qui a choisi les textes : Atget et Bérénice de Michèle Fabien et deux courtes pièces de Hajar Bali : Birmandreis et Homo sapiens (extraites de Rêve et Vol d’Oiseau). Trois moments suspendus à écouter les mots découverts pas à pas, dits pour la première fois. Très beau. Grand souvenir de lecture à haute voix. Gravé (en tout cas Atget et Bérénice) au côté de la lecture de Durnez par Dussenne (c’était au Rideau aussi). J’adore le petit bar juste à côté de la salle. Dans une arrière-maison à Ixelles, à deux pas de la rue du Viaduc. Est-ce que c’était déjà comme ça à l’époque?

17 février. Rencontre avec Frédéric Dussenne. Je ressors ébranlée. Très forte émotion lors de l’évocation de Paul Willems. La Ville à voile prend pour moi, à tout jamais la profondeur et la consistance de cette émotion. Voilà donc ce qu’un metteur en scène apporte: sa compréhension profonde selon sa sensibilité et son intuition du texte. La façon dont il l’a reçu lui, dans son corps. Ronse dit : « Je suis convaincu qu’on communique par ses blessures. »

18 février. En effet Dussenne et Ronse : un amour commun pour Willems. Comme metteurs en scène de Paul Willems, il y a eu Claude Étienne, Henri Ronse puis Frédéric Dussenne.

 25 février. Véronika. Partage. Voix. Mémoire et rêve. Reconstruction. La Cantate à trois voix. Nicole Ronse. Jephan de Villiers. L’Autre musée. Refuge. Protection. Cocon. Écrire.

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