Paul Anrieu / Michel Butor

61ijmwj58sl-_sx388_bo1204203200_Hier Michel Butor est mort. J’ai pensé à Vanité [1] et à cette petite phrase de Ronse lue je ne sais plus où : « C’est Butor qui m’a tout appris ».

1985: Paul Anrieu [2], Paul Roland et Pierre Laroche interprètent Vanité de Michel Butor: « …comme un petit trio nocturne quasi immobile, sans action qu’intérieure, centré sur la seule pensée, presque une méditation, petite leçon de ténèbre, fausse conversation qui se joue dans l’intermédiaire du livre, à peine du théâtre. » [3]

Ci-dessous, Paul Anrieu nous parle de Vanité, trente ans plus tard, rue du Viaduc.

[1] Le titre complet est Vanité: Conversation dans les Alpes Maritimes.

[2] Paul Anrieu est un comédien belge, ainsi que Paul Roland et Pierre Laroche. Il a joué plusieurs fois pour Henri Ronse notamment dans les Amants puérils (Crommelynck), Le Vieil Homme d’Alexandrie (Cavafy, Durrell, Forster, Yourcenar), La Force de l’habitude (Bernhard), Parmi les os et les pierres (Séféris). Il est par ailleurs l’un des fondateurs de l’INSAS (Institut National Supérieur des Arts du Spectacle et des Techniques de Diffusion, Bruxelles).

[3] Henri Ronse, La Vie Oblique, sous la direction de René Zahnd, L’âge d’homme, Lausanne. 

Ronse a participé à la réalisation en 1969 d’un volume de l’Arc sur Michel Butor. L’illustration que j’ai utilisée est tirée de la couverture de ce numéro, l’Arc N.39.

 

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Benoît Verhaert joue L’Étranger en 1997

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Au Nouveau Théâtre de Belgique, Benoît Verhaert [1] a joué pour la première fois dans son adaptation de Camus. Adaption écrite avec le comédien Fred Topart.  Adaptation rejouée sur de nombreuses scènes depuis, notamment au Théâtre Varia l’année passée.

C’était en octobre 1997, au moment où Henri Ronse se fait arrêter.

[1] Benoît Verhaert est un comédien et metteur en scène belge qui a notamment adapté plusieurs textes de Camus pour la scène. Plus d’infos ici : http://www.aml-cfwb.be/aspasia/intervenants/20000293/Verhaert_Benoit#navig

1er Juillet

P10407611er juillet. Je fais les cent pas dans ma rue. Je suis au téléphone avec Paul Anrieu. Il a retrouvé une cassette du Vieil homme d’Alexandrie. Quand j’ai contacté Paul Anrieu, je n’avais qu’une idée en tête: Le vieil homme d’Alexandrie. Spectacle que Ronse a mis en scène en septembre 1982 (il y a 34 ans). Textes de Durrell, Cavafy, Forster. S’il y a un spectacle sur lequel je veux en savoir plus c’est celui-là. Quels sont les textes choisis par Ronse? Jusque-là personne ne sait me dire. Marcel Dossogne ne retrouve pas la brochure dans ses boîtes, les Archives et Musée de la Littérature ne l’ont pas. Récemment Paul Anrieu est revenu en Belgique. Il a lui aussi joué dans cette pièce. Jusque-là c’était impossible de le contacter. Si je tiens tant à ce spectacle c’est pour Laurence Durrell mais je sais maintenant que le vieux poète du Quator d’Alexandrie, c’est Cavafy. Le Vieil homme d’Alexandrie c’est donc lui. On s’est beaucoup téléphoné. Chaque fois que je l’appelle je suis dans la rue, je ne sais pas pourquoi. J’ai peur de le déranger. Avec son déménagement, il ne s’y retrouve pas dans ses affaires. Et malgré le temps qui passe je le rappelle toujours trop tôt. Je n’ose plus. Là  c’est lui qui m’appelle. Il m’apprend qu’il a retrouvé un enregistrement de la pièce.

19 juin

P104076019 juin. Flash-back. Au téléphone avec Jean-Michel Vovk devant la prison de Saint-Gilles. Je suis étonnée du calme sur cette place arrondie, entourée d’arbres. Nous parlons d’Henri Ronse et de cette période où Jean-Michel a beaucoup travaillé avec lui. Il me communique son enthousiasme. J’ai l’impression qu’Henri Ronse est juste à côté, derrière les murs de la prison, et qu’il va sortir d’ici quelques jours. Tout ça n’aura été qu’une immense rigolade. Je me rends compte que je ne parviens pas à imaginer Henri Ronse en position de faiblesse. Difficile de concevoir que son arrestation et l’exil qui a suivi aient pu être un réel cauchemar. On dirait un roman.

08 juin

P104076508 juin. Muriel Clairembourg. Élève de Julien Roy au conservatoire de Bruxelles. Comme Cécile Henry et Anne Beaupain. Elles ont joué Aglavaine et Sélysette de Maeterlinck. (J’ai croisé ici les mal d’élèves de Julien: Rachid Benbouchta, Benoît Verhaert, Michaël Delaunoy, etc…). Anne, Cécile et Muriel ont commencé à travailler Maeterlinck avec Julien au conservatoire. Elles ont demandé à prolonger l’aventure à la fin de leurs études. Leur premier spectacle pro. Après, il y a eu Pelléas et Mélisande, puis Elektra d’Hofmannsthalau National. Ces quatre-là s’étaient trouvés. Maeterlinck les réunissait. C’était il y a presque 24 ans. L’expérience est restée fondatrice pour chacun d’eux et continue aujourd’hui de donner un sens à leur parcours.

Nathalie

P104076931 mai. Nathalie Willame, bar parallèle place Fernand Cocq. Toujours très belle et très élégante. Fumeuse. Parfois accompagnée de sa fille et/ou de son mari. Un jour, il y a longtemps, je lui ai parlé d’Henri Ronse. Elle m’a raconté une scène mémorable entre Reno Rikir et Henri Ronse.  Reno a été évoqué plusieurs fois notamment par Fabrice Rodriguez, mais personne ne sait plus où il est. Un jour quelqu’un a même prononcé le terme d’alter-ego (de Ronse). Il a arrêté le théâtre. Je ne l’ai pas encore retrouvé mais je le cherche.

Cécile

P104076220 mai. Cécile Henry a arrêté le théâtre. Ses coordonnées sont introuvables sur internet. En décembre dernier Anne Beaupain m’a griffonné un ancien numéro sur un petit papier. Je l’ai retrouvé. Ouf! Le numéro est encore bon. Je sens au téléphone que Cécile n’a plus envie de parler du théâtre. Elle a encore une lettre d’Akarova à propos du spectacle. Me parle de danse.  La présence d’Akarova les avait touchés. Je lui parle de mémoire des lieux. Mémoire éparpillée. Aglavaine et Sélysette a visiblement été vraiment important. Trois lieux se mélangent dans sa mémoire. La rue du Viaduc et le Théâtre du Grand midi. Puis la maison de Catherine Simon avenue de l’Hippodrome. Nous nous retrouvons aujourd’hui à 11h30 rue du Viaduc.